Je suis atteinte du SMOP. Le Syndrome Métabolique Ovarien et Polyendocrinien (SMOP), anciennement Syndrôme des Ovaires PolyKystiques (SOPK), est une maladie hormonale qui touche environ 1 femme sur 10. C’est l’une des maladies hormonales les plus courantes.
J’ai eu le diagnostic du SMOP (c’était le SOPK à cette époque) lorsque j’avais 20 ans. Ma grand-mère l’avait aussi et, quelques années avant le diagnostic, j’avais enchaîné les aménorrhées (absences de règles). Depuis que je suis en âge d’avoir mes règles, elles étaient irrégulières. Désormais, je n’en ai plus du tout.
Mais, ce n’est pas automatiquement le cas chez toutes les femmes atteintes du SMOP. Voici une liste de symptômes possibles avec cette maladie, y compris des symptômes moins connus (attention, toutes les femmes n’ont pas les mêmes symptômes) : perte de cheveux, infertilité ou difficultés à concevoir, peoblemes intestinaux, diarrhées, constipation, règles irrégulières ou absence de règles, prise de poids et difficulté à en perdre, acné, poils en excès et notamment au visage, sautes d’humeur, bouffées de chaleur, ventre gonflé, résistance à l’insuline, fringales, risques de diabète et d’hyperglycémies, risque de troubles anxieux car augmentation de l’anxiété et des ruminations, peau grasse, facilité à prendre du muscle, tendance à être en surpoids mais musclé, transpiration excessive, risque d’obésité et de surpoids même si pas systématique (on peut avoir le SMOP et être mince), tâches sombres sur la peau, la peau qui marque vite, fatigue excessive, apnée du sommeil, pic d’énergie le soir et somnolence en après-midi, pieds ou mains plus grandes que la moyenne, remontées acides (RGO), difficultés à se thermoréguler….
Le diagnostic du SMOP est posé par un médecin, souvent une gynécologue. Pour confirmer le SMOP, il faut trois choses : avoir certains des symptômes ci-dessus ; passer une échographie qui montre des ovaires polykystiques (en réalité ce ne sont pas des kystes, mais des follicules immatures, personnellement j’en ai une vingtaine par ovaire et mes ovaires sont plus gros que la moyenne également, les patientes atteintes du SMOP ont généralement la même chose) ; présenter un excès d’hormones mâles après une prise de sang (davantage d’androgènes comme la testostérone, c’est cet excès qui entraîne l’hyperpilosité par exemple).
La cause du SMOP est multifactorielle : c’est souvent un mélange entre génétique (et prédisposition) et exposition prolongée aux perturbateurs endocriniens. Non, le surpoids n’est pas la cause, mais il peut augmenter les symptômes et aggraver la maladie.
Le SMOP est une maladie qui n’a pas de traitement. La seule manière de traiter cette maladie est de traiter chaque symptôme. Cependant, il existe des bonnes pratiques qui permettent généralement d’améliorer la qualité de vie et même de retrouver une vie globalement normale. Rien n’est magique, mais voici quelques conseils que je peux vous partager après étude minutieuse de cette maladie et avec mes années d’expérience. Désolée d’avance ça va être un peu fouilli !
- Le suivi médical : lorsqu’on vous diagnostique le SMOP, on vous prescrit souvent juste une pilule et on vous dit de perdre du poids. Cela est dû à la mauvaise connaissance de certains soignants dans le domaine. La première chose que je peux vous conseiller, c’est de trouver un spécialiste en SMOP pour votre suivi gynécologique et hormonal. Essayez de vous renseigner autour de vous sur ce sujet. Une bonne prise en charge, c’est vraiment important. Mais surtout : je vous conseille, une fois par an, si possible, de vérifier comment se porte la maladie en faisant : une échographie endopelvienne pour vérifier les follicules sur les ovaires (nombre, aspect, etc) + une prise de sang pour vérifier votre glycémie (vous avez plus de risque de diabète) et une prise de sang pour vérifier les androgènes. Gardez vos anciennes analyses et échographies pour comparer ! Si vous n’avez pas trouvé de spécialiste, vous pouvez tout à fait demander à ChatGPT de regarder vos résultats en lui donnant le contexte bien sûr (oui, ça fonctionne).
- Le SMOP est une maladie métabolique, de ce fait, la maladie peut être améliorée si vous adoptez une hygiène de vie plus « saine ». Cela débute par le sport. Il est recommandé pour le SMOP de pratiquer l’activité physique tout au long de la journée (le NEAT), donc bouger un peu tout le temps (ménage, faire à manger, jouer avec les enfants, marcher…) mais aussi de compléter avec des activités plus fortes comme une longue marche d’une heure, du yoga, du pilate, du soulevé de poids. Il est déconseillé de faire trop de cardio cependant car il faut éviter de stresser le corps. Privilégiez les sports doux et le renforcement musculaire. La marche, le yoga et la musculation sont les meilleurs sport pour le SMOP. Un peu de cardio demeure cependant utile (sans excès) pour éviter de faire trop de muscle sans s’affiner (c’est courant chez le SMOP).
- Cela passe aussi par l’alimentation. Pour le SMOP, il est fortement conseillé d’adopter un régime simple et nourrissant, si possible méditérranéen. Six petites prises alimentaires semble mieux fonctionner que trois gros repas dans le cas du SMOP, donc je vous conseille de tester de manger plus souvent, mais plus léger à chaque fois. Il est aussi conseillé de manger dès le réveil quelque chose de protéiné. D’ailleurs, chacune de vos prises alimentaires (TOUTES) devront comporter : une source de protéine (viande, poisson, oeuf…), des féculents (patate, pates, pain…), des fibres / fruits / légumes (lentilles, tomates, courgette, avocat…). L’assiette devrait se composer ainsi : 2/4 de légumes et fruits, 1/4 de protéines et 1/4 de féculent. Mangez de tout, et le plus brut possible (par exemple acheter du blanc de poulet au lieu du pané de poulet). Les épices sont vos meilleures amies pour rendre vos plats meilleurs (pour le SMOP, le curcuma est particulièrement indiqué, comme la cannelle). Les aliments transformés sont donc à éviter. Il est aussi conseillé de manger vos féculents complets (pâtes complètes, etc). Les options sans gluten et sans lactose semblent aussi aider. Aucun aliment n’est interdit, mais il faut éviter de trop saler et de manger trop de gras. Cherchez toujours l’alternative la moins grasse possible (sauf pour les gras sains, comme l’huile d’olive). Par exemple, au lieu de la crème fraîche, utilisez de la crème d’avoine ou du skyr. Au lieu de la mayo, utilisez du yaourt nature avec persil et ail. ET SURTOUT : ne mangez plus de sucre raffiné (sauf de temps en temps, par exemple une fois toutes les deux semaines). Remplacez le chocolat sucré par du chocolat sans sucre, prenez plutôt des gâteaux avec édulcorants, pour remplacer les sodas, prenez l’option zéro ou de l’eau gazeuse, pour sucrer le café utilisez plutôt du vrai miel (sans sirop de glucose), achetez du pain de mie ou des compotes sans sucres ajoutés. Bref, ne gardez que les sucres naturels comme dans les fruits. Il serait aussi conseillé de boire du thé vert. Enfin, je vous conseille de boire aussi plus d’eau (ce peut aussi être café décaféiné, thé), environ 2 litres par jour. Exemple de journée parfaite : pour le matin, deux tartines de pain complet avec trois oeufs brouillés et une pomme avec de la cannelle saupoudrée, puis un snack type yaourt nature avec des graines de chia (source d’omega 3, on en parlera après), puis le midi, une salade d’haricots verts avec un blanc de poulet grillé, huile d’olive, balsamique, croutons de pain complet, oignon rouge, puis un autre snack type flocons d’avoine grillés avec du miel dans du skyr et des framboises, puis le soir du saumon avec des pates complètes et de la crème d’avoine et des brocolis, puis un autre snack type tartines de pain complet avec carré frais et un fruit. Boissons dans la journée : 1 café décafféiné, une gourde d’un litre d’eau, une bouteille d’eau pétillante 50 cl, une canette de coca zéro sans caféine, un thé vert.
- Les compléments alimentaires particulièrement indiqués dans le SMOP. Certains compléments semblent aider dans cette maladie, voire même aider à perdre du poids et retrouver sa fertilité. Pas obligé de prendre des compléments, vous pouvez aussi consommer des aliments qui en contiennent : oméga 3 (vous en avez dans le saumon, la sardine, les graines de chia, de lin), inositol (vous en avez dans le melon), berberine, chrome, zinc, vitamine C, vitamine D3, magnésium. L’inositol est vraiment le plus important ici, vous pouvez en trouver en sticks à prendre tous les jours. Pour ça, je conseille les marques Zytolia, Sova ou Gynopk. Regardez où vous pouvez trouver naturellement ces vitamines / molécules, et essayez de les manger naturellement et si besoin complémentez-vous ! Beaucoup de patientes disent que cela a beaucoup aidé.
- Le stress augmente les symptômes et le stockage des graisses. De ce fait, il faut travailler sur votre angoisse, votre stress ou votre anxiété, sans en faire une performance évidemment. Pour ça, déjà, vous pouvez vous tourner vers la thérapie (ce n’est pas une honte !). Les CMP sont gratuits pour cela d’ailleurs. Mais, vous pouvez aussi essayer la méditation, la sophrologie, l’acupuncture, faire des activités déstressantes (dessin, etc). Et il peut aussi être utile d’en parler avec ses proches et de leur expliquer ce que vous vivez avec le SMOP. Cela peut aider à soulager la charge mentale à cause de cette maladie.
- Il est aussi important de bien dormir et bien se reposer. Avec le SMOP, on est davantage fatigué. Dans cette optique, il est conseillé de dormir entre 7 et 10 heures selon les besoins par 24 heures. Ce peut être réparti en une grosse nuit avec une sieste au milieu de la journée. L’important n’est pas de vous stresser à absolument dormir ou ne pas dormir, dormez quand vous le sentez (et pareil pour la nourriture d’ailleurs, ne cherchez pas à manger absolument si vous n’avez pas faim). Et le repos passe aussi par les phases sans dormir : se reposer en évitant les stimulis auditifs et les sons trop forts, lire un livre, se prélasser, etc. Courir partout est votre pire ennemi avec cette maladie.
- Enfin, si vos symptômes nécessitent des soins spéciaux et que ces symptômes deviennent hanidcapants, vous pouvez aussi demander une ALD, voire demander à être reconnu chez la MDPH.