Se laisser aller sur le flow de la vie, est-ce cela le but de vivre ? Je me le demande souvent. Mais, la plupart des gens voient d’autres manières d’expliquer notre existence sur cette Terre. Donner naissance, partager ses connaissances, créer des choses, avoir une belle carrière, être heureux tout simplement…
Y a-t-il seulement un seul but à notre existence ici-bas ? Ou peut-être n’y en a-t-il aucun ?
De tous temps, les humains ont essayé de trouver un but. La plupart du temps, se trouver un but dans la vie, un sens, permet de donner aussi un sens à sa mort. Car beaucoup d’humains ont peur de la mort. Mais, si l’on se trouve une raison de vivre, on a tendance à se dire que l’on se sentira heureux et comblé lorsque l’on mourra.
La peur de mourir, la peur de mourir en ayant « échoué » à sa vie, la peur de mourir et d’être oublié… Tout cela peut motiver tout un chacun à trouver absolument un but à l’existence. Une cause, également.
C’est aussi là qu’intervient la croyance au divin. Nous n’avons actuellement aucune preuve que Dieu existe ni qu’il n’existe pas. Nous ne savons juste pas. Mais, croire qu’il existe, ça a quelque chose de réconfortant. Déjà, on ne se sent jamais seul, car il est là pour écouter.
Mais aussi car s’il existe, cela veut dire que vous avez été créé, que vous avez certainement un but, qu’il vous a envoyé pour une raison, et que le jour où vous mourrez, vous irez peut-être au paradis, ce qui vous encourage également à faire le bien autour de vous.
Mais, outre le divin, on peut aussi se dire que la vie a un but biologique également. L’humain (et tous les organismes) a évolué au fil du temps, avec la sélection naturelle, pour permettre aux meilleurs gènes et aux meilleures connaissances de perdurer.
Tous les êtres, animaux ou végétaux, ont cela en commun : ils vivent pour transmettre. Soit transmettre en perdurant la lignée (en faisant des enfants), soit en transmettant des connaissances qui permettent justement de perdurer, ou les deux.
Au sens biologique, on peut donc se dire que le sens de la vie, c’est la transmission et le partage. Au sens divin (en admettant qu’il existe), on peut se dire que nous avons un but donné par Dieu et que le but final de la vie est d’accéder aux portes du Paradis.
Mais, que faire si l’on ne croit pas au divin ou que l’on ne souhaite pas faire de la transmission un but ?
C’est peut-être pour cette raison qu’autant de personnes se sentent mal dans leur vie. Savoir qu’on va mourir sans avoir accompli de but. Mais, je me suis déjà demandé plusieurs fois si, justement, ce n’était pas cela le plus beau dans la vie : le fait qu’il n’y ait pas vraiment de but.
Le fait que chaque individu de ce monde soit en vie grâce à un joyeux et cruel hasard et que désormais il soit lâché sur Terre pour juste respirer et évoluer jusqu’à son dernier souffle, jusqu’à ce que son corps issu d’un ovule et d’un spermatozoïde puisse créer de la matière pour nourrir la Terre.
Trouver un sens absolument à l’existence, n’est-il pas un non-sens ? Car, il est très probable qu’aucun de nous n’ait réellement une utilité prédéfinie en arrivant dans ce monde, hormis l’utilité qui est de faire perdurer la lignée et l’utilité que vous voulez vous donner.
On peut tous choisir le but de sa vie. Mais, il n’est certainement pas imposé par une force supérieure, avec un but prédéfini avant que vous ne soyez, sauf si le divin existe. Et même s’il existait, peut-être n’a-t-il pas inscrit un but en chacun de nous, sinon celui de vivre et de faire continuer l’humanité.
L’existence précède l’essence, disait Sartre. Sauf qu’exister avant d’avoir une essence est quelque chose de terriblement angoissant pour la plupart des gens. Car, cela peut vouloir dire que l’on est maître du sens que l’on veut donner à sa vie. On peut se trouver, et si l’on échoue, c’est de notre faute.
Cela rend la mort encore plus angoissante, car on peut mourir à chaque instant en ayant échoué au but que l’on s’est soi-même fixé. Croire qu’il y a un but prédéfini, divin ou biologique, est plus rassurant. Transmettre ou faire le bien. Avec à la clé, non pas seulement la mort, mais des récompenses.
Lorsque l’on transmet, on peut se sentir fier d’avoir donné les clés à d’autres personnes ou d’avoir donné la vie, on peut aussi se dire que l’on ne nous oubliera pas et que l’on a un peu marqué le monde, en transmettant ses connaissances, en laissant des choses derrière soi, en laissant ses enfants sur Terre. Lorsque l’on fait le bien, on peut se dire qu’on ira au Paradis.
Mais, lorsque l’on ne pense pas avoir un but prédéfini, que l’on se choisit un but, notamment lorsque l’on se choisit le simple but d’être heureux (la plupart des gens), on peut regarder sa vie passée au moment de mourir et se sentir fier. Mais, la plupart des gens ne voient pas de récompense concrète pour avoir poursuivi son but choisi, seulement la mort au bout du tunnel.
On peut se dire que tout ce que l’on dit a une raison. On peut se dire que ce que l’on vit est le pur hasard et qu’il n’y a aucune raison derrière. Les deux sont possibles. Mais la première option est sans doute plus apaisante que la seconde.
Car, avec la première, on peut trouver du sens caché dans les pires choses et se relever plus facilement : pourquoi cette personne est morte si jeune, pourquoi il m’a quitté, pourquoi j’ai perdu mon emploi. On peut par exemple répondre : parce que Dieu l’a rappelée à lui et je la retrouverai au Paradis, parce que cette rupture me permettra d’avancer, parce que ce licenciement m’ouvrira de meilleures opportunités.
Il est impossible d’affirmer ou de réfuter qu’il y ait un sens à la vie. Il y en a peut-être un, ou peut-être pas. Mais, ce qui est certain, c’est que la manière dont chacun voit le but ou le non-but de son existence a un impact sur son quotidien.