Drama EnjoyPoenix / Tatiana Ventose : Y a-t-il de « vrais » metalleux ?

Vous me connaissez, je m’en fiche de plaire dans mes paroles. Aujourd’hui, je vais donc revenir sur un drama que j’ai vu passer il y a quelques semaines, mais je vais surtout me servir de ce drama comme d’un prétexte pour parler d’un sujet que je revois passer tous les ans, tous les dix ans, tout le temps, et c’est même une question qui traverse les générations et qui a toujours existé peu importe le genre de musique ou les artistes en question (t’es pas un vrai fan de rap, t’es pas un vrai swiftie / fan de Taylor Swift, t’es inculte si tu connais pas cette musique du XVe siècle… etc). Bref. On va parler du drama entre EnjoyPhoenix et Tatiana Ventose et on va donc surtout se poser une question : existe-t-il de « vrais metalleux » ?

PS : j’écris vite, je ne me relis pas, je m’en fiche.

Contexte : c’est quoi le drama entre EnjoyPhoenix et Tatiana Ventose ?

D’abord du contexte : Tatiana Ventose n’est pas la seule antagoniste d’EnjoyPhoenix dans cette affaire, mais c’est elle qui a parlé le plus fort sur ce sujet, donc présentons-la brièvement. Tatiana Ventose est une vidéaste qui est spécialisée dans l’actualité politique. Elle a 38 ans et elle expose régulièrement ses positions politiques sur les réseaux et YouTube, en plus d’avoir travaillé brièvement en politique auparavant, et elle a créé son média, Le Fil d’Actu, un journal totalement indépendant qui traite d’actualités politiques et qui mène des réflexions politiques et sociales. Actuellement, Tatiana parle beaucoup de la situation désastreuse de la France en évoquant notamment le fait que la France perd ses richesses en axant moins sa stratégie sur la production de vraies richesses (nourriture, eau, électricité, etc.) nationalement pour en jouir nationalement. Dans cette optique, elle publie le livre Il est venu le temps des producteurs en 2024.

EnjoyPhoenix n’est pas la seule influenceuse visée dans cette affaire, mais elle est celle qui a été la plus visée, donc présentons-la aussi brièvement. EnjoyPhoenix est une vidéaste et influenceuse qui s’est d’abord fait connaître avec des vidéos axées sur la beauté. Elle a 31 ans et elle a beaucoup changé sa direction artistique au fil des années. Elle est l’une des influenceuses francophones les plus connues en France et actuellement, Marie (qui a aussi renommé sa chaîne ainsi) poste beaucoup de vlogs, mais aussi des enquêtes paranormales. Elle s’est aussi illustrée dans divers jeux à la télévision et Marie Lopez a aussi créé ses propres marques : Honestmind, une marque de vêtements et d’accessoires, et 𝗖𝗔𝗕𝗔𝗟𝗘, une marque de beauté.

Côté metal, si j’ai bien compris, EnjoyPhoenix écoute plutôt en priorité du metalcore (un genre d’ailleurs souvent critiqué chez les puristes). De son côté, Tatiana Ventose semble écouter une plus large gamme allant des groupes cultes à des genres plus niche (metal suédois, viking, etc).

Maintenant parlons du drama. Peu de temps après la fin de l’édition 2026 du Hellfest (festival de metal et musiques alternatives en France, mais bon vous le savez déjà), Tatiana Ventose a publié une vidéo « Les influenceurs ont-ils tué le Hellfest ».

Dans cette vidéo (qui a été censurée puis republiée), elle réagit notamment à la gentrification du Hellfest et à sa mainstreamisation (t’as compris l’idée). Pour exprimer son propos, elle utilise des images des vlogs annuels de EnjoyPhoenix qui poste tous les ans des vidéos quand elle va au Hellfest.

Des vidéos où elle se montre durant les concerts, mais aussi où elle montre ce qu’elle mange durant le festival ou bien des vidéos des tenues vestimentaires qu’elle porte. Et c’est cet aspect qui a été beaucoup critiqué par Tatiana Ventose dans sa vidéo (et plus largement dans BEAUCOUP de vidéos d’autres vidéastes partageant son avis).

Ce qui est critiqué ici, sans forcément viser QUE EnjoyPhoenix, c’est qu’il y a de plus en plus d’influenceurs qui viennent au Hellfest et qui ont d’ailleurs droit à un billet gratuit en VIP ou en tant que membre de la presse (c’est une accréditation, comme on dit dans notre milieu, j’ai été journaliste spécialisée dans la musique alternative, et l’accréditation, c’est quand tu as un pass gratuit pour un concert afin de le couvrir et d’en faire un article / vidéo, donc une pub finalement).

Et donc, ici, ce qui est critiqué, c’est le fait que ces influenceurs invités contribueraient à : rendre le Hellfest plus mainstream ; banaliser l’acaparation d’une passion niche et alternative souvent moquée à la base pour en faire un truc cool (gentrification) ; faire des hauls et des vlogs publicitaires et esthétiques (donc la marchandisation du metal) et s’intéresser beaucoup moins à la musique alors que c’est ça le but du festival.

Bref, la critique ici, c’est de montrer plutôt que de vivre / se donner un genre / gentrifier au détriment de l’âme du festival centré sur une musique qui rassemble. C’est très résumé, mais en fait ce drama n’est pas le sujet principal, vous l’aurez compris.

Un drama qui cache une question sempiternelle : y a-t-il de « vrais metalleux » ?

Bon, maintenant, ça va être purement subjectif car je vais partager mon avis et mon expérience perso pour tenter de répondre à cette question.

Premièrement, je vais être honnête, je ne suis jamais allé au Hellfest, malgré mon envie d’y participer depuis que j’ai 10 ans. Bon ça c’est une autre histoire, je suis agoraphobe, donc vous voyez pourquoi j’y suis jamais allé.

Donc en soi, je ne peux pas parler de cette gentrification et marchandisation du metal en parler du Hellfest spécifiquement, car je n’ai pas vu de mes propres yeux le changement dans l’âme du festival. Mais Tatiana Ventose parle notamment du passage d’un festival convivial, roots, un festival où les amoureux de musique se rassemblaient à un festival qui propose des foodtrucks vegan et des cours de yoga.

Et en fait, même sans l’avoir vu de mes yeux, c’est logique (mais pas forcément bien) que ça arrive au Hellfest. La marchandisation et la gentrification sont arrivées avec Coachella, par exemple. Désormais, c’est un défilé d’influenceurs et de mode, au détriment de la musique.

Mais, plus largement, l’accaparement d’une culture ou d’un lieu par la bourgeoisie (enfin non, par le capitalisme = le lieu ou la culture devient une marchandise), c’est quelque chose qui arrive dans TOUS les milieux et de tous temps. Et à chaque fois qu’il y a cet accaparement, les personnes qui étaient déjà dans ce milieu sont forcément dégoutés et… ça se comprend.

Les riches qui débarquent avec leurs magasins pour bourgeois dans les quartiers sud de Chicago, les Parisiens qui envahissent Bordeaux puis nos petits villages autour, Woodstock qui a été repris à de multiples reprises pour esthétiser ce festival, la musique grunge qui est soudainement devenue cool alors que c’était une critique et une culture à l’inverse même de la marchandisation (pareil pour le punk, pareil pour le gothique, etc).

D’un côté, je comprends ce que dit EnjoyPhoenix quand elle dit qu’elle écoute du metalcore depuis petite et donc qu’elle fait partie de la communauté metal et, qu’en soi, il ne devrait pas y avoir de « communauté metal », ce devrait être plus ouvert et tolérant.

Mais, d’un autre côté, je comprends aussi Tatiana Ventose quand elle dit que la commu metal est devenue une communauté justement pour se forger une carapace, être ensemble sans se faire embêter par ceux qui veulent gentrifier ce qui n’a pas besoin d’être vendu, changé.

Car la musique, car cette ambiance, car cette beauté là, ça ne se paie pas. Une communauté mise de côté pendant des années, une communauté critiquée, qualifiée de satanique (alors que MDR, c’est du SHOW), qui soudainement devient stylée et se gentrifie, ça fout les boules car… nous, les metalleux et autres alternatifs, eh bien nous avons été exclus toute notre vie à cause de notre différence, étrangeté et de nos goûts. Et là, ça devient stylé.

C’est presque comme de l’appropriation culturelle dans l’esprit de beaucoup d’entre nous. Même si, oui, je suis d’accord, qu’il ne devrait pas y avoir de « vrais » ou « faux » metalleux. Quelqu’un qui écoute du metal est metalleux à mon sens. Cependant, il ne faut pas que ce mouvement qui est d’abord musical ne devienne une esthétique.

Je vais parler de mon expérience perso, si tu t’en fous, passe directement aux vidéos pour comprendre le drama si tu veux. J’écoute plusieurs genres de musiques dits alternatifs : metal (progressif essentiellement + metalcore + trash + symphonique + doom + power + stoner en gros), mais aussi j’écoute de la musique gothique, du punk et du grunge du coup. Mais à côté, je ne m’interdis pas d’écouter d’autres genres, ça dépend toujours de la musique et du feeling (en fait souvent j’aime bien les mélanges de genre, style grunge + metal, rap + metal, etc).

Mon amour inconditionnel pour ces musiques (surtout le gothique et le grunge qui sont mes plus gros amours) se retranscrit dans ma philosophie de vie en général et dans mon « style » vestimentaire. En gros, à l’école, j’étais harcelée et critiquée pour ce que j’écoutais, comment je me comportais, comment je m’habillais.

J’étais « la gothique », littéralement comme ça qu’on me surnommait. Mes cheveux que je laissais bouclés et gonflés étaient également souvent critiqués mais, à cette époque, j’en avais rien à faire de mon apparence (ça a changé à cause du harcèlement justement, j’ai commencé à faire de l’anxiété sociale).

Une fois, en classe, le prof de musique a montré une vidéo de Janis Joplin qui interprétait Summertime. Dans la classe, ils ont tous crié « Oh on dirait Hellya ! » (c’est pas mon vrai prénom hein). Et aujourd’hui, ressembler à un hippie ou une rockeuse, ça passe crème sur les réseaux… Il y a de quoi en vouloir à la terre entière, c’est vrai.

Bref. Tout ça pour dire que je n’ai pas pu m’empêcher d’être dégoûtée quand mon style vestimentaire si critiqué et quand les musiques que j’écoutais ont fini par être utilisées sur les réseaux. Et cette fois-ci, c’était esthétique, c’était cool. AH oui Mercredi dans la série, elle est cool. Par contre Hellya, elle était pas cool. Pareil quand on voyait les t-shirts Nirvana partout alors que beaucoup ne connaissaient même pas leurs chansons outre celles dans Nevermind, s’appelant volontairement des « grunge girls » sans même connaître le nom d’Alice in Chains.

Ce que je veux dire par là, c’est que je comprends le sentiment de Tatiana. D’autant que, moi aussi, la musique m’a sauvé la vie. Sans elle, j’aurais déjà tenté le su*cide car justement j’ai toujours été « à côté » et il y a eu des moments où j’étais si mal que sans la musique je ne sais pas comment j’aurais pu faire.

Oui, une communauté doit être inclusive selon moi. Je veux dire, pour moi, le plus important dans la vie, c’est justement d’être bienveillants tous ensemble et soudés. Dans ce sens là, je suis d’accord avec EnjoyPhoenix. Mais, je refuse que des gens cools marchandisent et gentrifient le metal au détriment de ce qu’il est : une passion, une culture, de la musique, une communauté soudée qui a souvent souffert d’être « à côté ».

Donc, pour conclure, je répondrais à ma question par : non, il n’y a pas de vrais metalleux. Le purisme bête et méchant va à l’encontre de ce que fait cette musique, elle rapproche, elle aide. Se mettre une étiquette de « metalleux » peut aider certains à se sentir appartenir à une communauté, mais certains s’en foutent et c’est très bien ainsi. Mais surtout, on est « metalleux » dès qu’on aime la musique metal. C’est une question de MUSIQUE.

Et c’est là que le ressentiment est totalement compréhensible. Dès que la musique, une musique très critiquée à la base avec une communauté vue comme marginale, devient cool pour des raisons financières, d’intérêts capitalistes et pour l’esthétique… Oui, il y a de quoi rager, ça c’est sûr.

Les vidéos à voir pour comprendre le drama

Désolée, je n’arrive plus à retrouver la réponse d’EnjoyPhoenix qu’elle avait postée sur TikTok, elle l’a peut-être supprimée ? (mais Tatiana Ventose a retranscrit quelques paroles. dans sa vidéo republiée après censure). En tous cas, elle y expliquait qu’elle était accusée d’aimer le metal depuis peu alors qu’elle en écoutait depuis adolescente, elle expliquait aussi qu’elle était accusée de ne pas aller sur certaines scènes du Hellfest (celles avec des groupes moins connus) et expliquait que c’était surtout une question de goûts musicaux.

Puis elle est revenue sur l’accusation de « gentrification » en disant que la musique metal avait besoin d’influenceurs car c’est une musique de moins en moins populaire. Ensuite, elle a également dit que la musique devrait rassembler et pas diviser.

Face à cela, beaucoup de gens ont réagi en disant que la musique extrême n’avait pas besoin d’influenceurs pour survivre et beaucoup de personnes l’ont accusée, elle et d’autres influenceurs, de rendre le Hellfest mainstream alors que ce qui fait le charme du festival, c’est son côté unique.

Voilà globalement, je vous laisse regarder les vidéos suivantes pour encore mieux comprendre le drama en question et vous faire VOTRE PROPRE AVIS sur la question suivante : existe-t-il des « faux metalleux » et des « vrais metalleux » ?


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