Le 6 mars 2001, à Toulon, Marina Rossi disparaît sans laisser de trace. Elle a 21 ans, mesure 1,62 mètre, les cheveux châtains teints en rouge et les yeux marrons.
Ce jour-là, elle cesse brutalement de donner signe de vie. Sa famille alerte, les appels à témoins se multiplient, mais rien n’y fait. Marina reste introuvable. Très vite, l’affaire est classée parmi les disparitions inquiétantes.
Rien n’explique sa soudaine volatilisation : pas de corps, pas de scène de crime, seulement un vide qui dure depuis plus de vingt ans.
Son nom refait surface chaque fois que la police relance la piste des grands prédateurs. Et dans cette catégorie, Michel Fourniret occupe une place centrale. L’« Ogre des Ardennes », condamné à la perpétuité pour le meurtre de huit jeunes femmes, est décédé en 2021, emportant sans doute avec lui une partie de ses secrets.
Mais sa mort n’a pas éteint les enquêtes. Les magistrats et l’Office central pour la répression des violences aux personnes ont ouvert une liste de 21 affaires non élucidées, couvrant dix-sept départements, toutes liées à des jeunes filles ou jeunes femmes disparues ou assassinées entre 1987 et 2003. Parmi elles, celle de Marina Rossi.
Une trentaine d’échantillons prélevés sur des objets appartenant à Fourniret, dans ses matelas et sa fourgonnette, ont été conservés. Ces traces génétiques sont comparées méthodiquement à celles des victimes potentielles.
Marina fait partie de ces rapprochements en cours. Son profil est mentionné aux côtés d’autres disparues comme Patricia Lemaire, mannequin de 33 ans, envolée à Nice en 1997. Dans ce cas, la piste sectaire est privilégiée, mais les enquêteurs n’écartent pas un lien avec Fourniret. « Le but est de refermer des portes », confiait un ancien policier à propos de ces vérifications.
L’affaire Marina Rossi reste enveloppée d’ombres. Aucune scène de violence n’a jamais été retrouvée, aucun suspect direct identifié.
Seule certitude : cette disparition est jugée suspecte, suffisamment pour être inscrite dans la liste noire des dossiers liés à Fourniret et à sa complice Monique Olivier. Cette dernière, condamnée en décembre 2023 à la réclusion criminelle à perpétuité pour complicité de plusieurs meurtres, continue d’être interrogée. Chaque audition suscite l’espoir qu’un détail oublié permette de débloquer une enquête.
Vingt-trois ans plus tard, la question demeure entière : Marina Rossi a-t-elle croisé la route de Michel Fourniret ? Son nom figure noir sur blanc dans les investigations récentes du parquet de Paris, mais aucun élément matériel ne permet encore de le prouver.
La mort du tueur en série complique les recherches, mais les avancées scientifiques en génétique pourraient un jour livrer une réponse. En attendant, sa photo reste affichée dans les registres des disparus, rappelant le visage d’une jeune femme de 21 ans, effacée d’un coup du quotidien toulonnais.
À ce jour, la justice n’a pas refermé le dossier. Le tribunal judiciaire de Toulon continue de l’instruire et les recoupements ADN se poursuivent. Si les vérifications aboutissent, l’affaire Marina Rossi pourrait rejoindre la longue liste des victimes de Fourniret.
Si ce n’est pas le cas, elle restera l’un des grands mystères du Var, un de ces cold cases où une vie s’est effacée sans explication et où les proches attendent toujours de comprendre.
Pour aller plus loin :
VOIR AUSSI : FLASH INFO : Une mère et son fils disparus dans des circonstances étranges (fake investigation #1.1)
Sources :
- https://association-avane.fr/marina-rossi/
- https://www.varmatin.com/faits-divers/disparue-en-2001-la-toulonnaise-marina-rossi-repertoriee-comme-victime-potentielle-du-tueur-en-serie-michel-fourniret-683272
- https://www.facebook.com/groups/902131759856175/posts/7224316237637664/